A la messe d’ouverture des travaux du Comité Permanent, Mgr Marcel Utembi : « Dans les tristes conditions de vie de notre Peuple, nous sommes appelés à jouer notre rôle d’apôtres… »
24 février 2020
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A la messe d’ouverture des travaux du Comité Permanent, Mgr Marcel Utembi : « Dans les tristes conditions de vie de notre Peuple, nous sommes appelés à jouer notre rôle d’apôtres… »

Les travaux du Comité Permanent ont démarré le lundi 24 février 2020 au centre Caritas Congo Asbl, à Kinshasa par la messe d’ouverture dite par Mgr Marcel Utembi Tapa, Archevêque de Kisangani et Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Il a invité les uns et les autres à avoir foi dans le Christ. Voici dans son intégralité l’homélie de Mgr Utembi :

 

HOMELIE DE SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR MARCEL UTEMBI, PRESIDENT DE LA CENCO, A LA MESSE D’OUVERTURE DU COMITE PERMANENT

FEVRIER 2020

Première lecture : Jc 3, 13-18

Evangile : Marc 9, 14-29

 

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

Nous venons de suivre les deux lectures que l’Église notre Mère propose à notre méditation en ce jour. La première lecture est un extrait de la lettre de saint Jacques, et l’évangile est un passage tiré du témoignage de saint Marc. Les deux lectures tracent un parcours de la foi en Jésus exprimée au moyen d’actes posés en son nom par un refus catégorique des forces du mal, des actes inspirés par la douceur de la sagesse et non par l’esprit diabolique, comme nous l’avons entendu dans la première lecture (Jacques 3,13).

Le passage de l’évangile fait suite au récit de la transfiguration de Jésus sur la montagne.  Il s’y était rendu avec trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean.

En rejoignant les autres disciples qui étaient restés aux pieds de la montagne, il  trouve  une grande foule qui les entoure. Cette foule représente l’humanité souffrante, en quête de la vie. En plus de la foule, il y a aussi les scribes qui se présentent comme les maîtres à penser, car ils discutent avec les disciples. Nous observons que les disciples sont au centre, attirant l’attention aussi bien de la foule que des scribes, ce qui signifie qu’ils ont un rôle majeur à jouer.

Quand Jésus questionne la foule sur l’objet de la discussion, tous ne répondent pas, mais un homme prend la parole. Cet homme se plaint auprès de Jésus de l’incapacité de ses disciples à opérer la guérison de son enfant.

Ce qui signifie que l’enfant apporté à Jésus pouvait donc être pris en charge par les disciples, ceux-ci pouvaient faire le travail de guérison de la même manière que le ferait Jésus.

En réponse à l’homme, Jésus parle du manque de foi : « engeance incrédule ». Il s’adresse, en cela, à la foule, au père de l’enfant issu de cette foule autant qu’à ses disciples pour leur lancer un appel pressant à croire en Lui.

Nous voyons qu’au cours de sa mission en ce monde, Jésus n’a pas seulement annoncé le règne à venir, mais, par la destruction du mal, il a voulu  faire surgir le règne de Dieu dans le présent. Opérer une guérison au nom de Dieu, c’est repousser Satan sous toutes ses formes. C’est là le sens d’une action accomplie avec foi. « Tout est possible à celui qui croit ».

Autrement dit, « Celui qui croit » peut tout. C’est à la suite de cette parole de Jésus que le père de l’enfant proclame : « je crois … », « viens au secours de mon manque de foi », confesse-t-il ! Cette prière confiante du père lui fait obtenir ce qu’il a demandé. Au fait Dieu voit plus que nous-mêmes le fond de nos misères lorsque nous nous remettons de tout notre être entre ses mains. Il est capable de nous donner plus que nous lui avons demandé.

Chassé par Jésus, l’esprit maléfique qui possédait l’enfant a fini par partir, car il n’était pas à sa place. Le corps de l’homme est le temple de l’Esprit Saint, c’est la maison de Dieu.

Par ce geste, Jésus a fait voir qu’en sa personne le mal est vaincu, c’est une annonce de l’événement pascal : mort et résurrection.

Avec le départ du démon, on a pensé que l’enfant était à un stade de fin de vie « il devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : il est mort ». Signe de la fatalité à laquelle on est tenté de céder face à l’ampleur du mal. Mais « Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout ». Cela évoque l’impuissance radicale de l’homme, dont Dieu seul peut nous délivrer.

 

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

 

En tant que Pasteurs, nous sommes là face à une foule nombreuse que constitue le Peuple congolais, ce Peuple confié à notre charge pastorale et qui attend de nous, des paroles de vie et des gestes du règne de Dieu ; et aux côtés de cette foule se trouvent les scribes d’aujourd’hui qui se croient maîtres de ce pays. Dans les tristes conditions de vie de notre Peuple, nous sommes appelés à jouer notre rôle d’apôtres, tous ont le regard tourné vers nous.

Le récit que nous venons d’entendre est une invitation à ne pas nous décourager face aux difficultés que nous pouvons rencontrer dans notre mission prophétique, mais plutôt à affermir notre foi et celle de notre peuple. Humainement, laissés à nous-mêmes, nous sommes incapables de faire une œuvre divine, notre pouvoir vient de Dieu et c’est dans la prière et dans la foi qu’il trouve sa source.

En ce jour où nous débutons notre réunion du Comité Permanent pour réfléchir sur les orientations pastorales de notre Eglise en RD Congo, nous ne pouvons que nous tourner vers le Seigneur. Que par l’intercession de la Vierge Marie, il nous remplisse de la force de son Esprit et que toutes nos actions trouvent leur source et leur achèvement en Lui.  AMEN.

 

Kinshasa, le 24 février 2020

Mgr Marcel UTEMBI TAPA

Archevêque de Kisangani

Président de la CENCO

 

 

 

 

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