Quelques religieuses de la CENCO s’expriment sur la journée de 8 mars
13 mars 2020
CECOS - CENCO (317 articles)
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Quelques religieuses de la CENCO s’expriment sur la journée de 8 mars

La journée du 8 mars est dédiée à la femme. Partout dans le monde, des manifestations ont été organisées pour commémorer cette journée. En RDC, à Kinshasa comme à l’intérieur du pays, des manifestations ont été organisées. La 1ère dame de la RDC était même à Mbuji-Mayi. Pour donner la parole aux femmes, nous avons approché quelques religieuses travaillant au Centre interdiocésain, siège de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) pour nous dire ce que cette journée représentait pour eux et la femme modèle qu’elle proposait aujourd’hui aux Congolaises dans la Bible, l’histoire et la vie courante. Voici leurs déclarations :

 

Sr Marie Christine Nsenga : « La journée de 8 mars n’a pas été donnée en cadeau »

Pour moi, le 8 mars est une journée de réflexion et aussi de l’examen de conscience parce que cette journée n’a pas été donnée en cadeau. Les femmes l’ont conquise, elles ont lutté pour réclamer leurs droits, leur dignité et leur liberté.

Lorsque je parle de droits, liberté et dignité, je vois l’autre partie de la question. Homme et femme, nous avons été créés par Dieu, si une des créatures, en l’occurrence la femme, réclame quelque chose ce qu’elle se sent lésée.

De par la création, nous sommes tous égaux. Qu’est-ce qui fait que la femme se sente encore mal à l’aise ? Cela veut dire qu’elle a été quelque part l’objet de discrimination.

La personne qui se sent lésée doit revendiquer ses droits, sa dignité et sa liberté. Il est question de me demander, moi femme, où j’en suis dans ma quête des droits, de liberté et de dignité.

La Bible regorge de femmes remarquables, de grand-mères, des mères, des filles de prédilection. Des femmes qui ont compris leur valeur et la situation de leur peuple. De même que la parole de Dieu dit « Fille de Sion réjouis-toi car le Seigneur est en toi ». C’est comme si Il nous disait à toute femme « Fille de Sion lève-toi car je suis en toi ». Cette phrase nous interpelle à prendre conscience de notre dignité, à être des femmes débout, des femmes qui sont à la hauteur de leur vocation féminine.

En ce qui concerne la question relative à la femme modèle à proposer aux Congolaises, je ne m’attarderais pas sur les figures féminines de l’Ancien Testament qui ont collaboré à l’avancement de la vie de leur peuple positivement ou qui ont emprunté des voies plus ou moins erronées. Chaque congolaise doit s’inspirer des figures positives de l’Ancien Testament et se demander : « Qui j’aimerais imiter Sarah, Déborah, Esther, etc.?  » Ici, il s’agit d’imiter le bien, de contempler les actes positifs que ces héroïnes ont accompli dans leurs vies pour le bien de leur peuple.

Dans le Nouveau Testament, nous regardons la figure de la Vierge Marie, la femme par excellence qu’on ne peut égaler, elle est le réceptacle de toutes les vertus.

Et plus proche de nous, nous avons cette fille de notre peuple, Anuarite Nengapeta Clémentine, cette héroïne qui a combattu avec  comme armes la foi et l’humilité. Elle est la source inspiratrice de notre façon de vivre comme consacrée, mère et jeune fille. Sa figure transcende les âges, le temps et aussi l’espace. Elle est modèle et témoin de l’histoire et de la vie courante de notre peuple. Par sa simplicité, sa fidélité et sa donation totale, elle restera toujours une source inspiratrice en matière de droits, de dignité et de liberté pour la femme d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Alors le 8 mars devient le jour où je dois incarner dans ma vie les bons exemples des vertus pour me conformer à ma vocation de femme en droit, en dignité et en liberté.

Sr Nathalie Kangaji : « Il y a une lutte à mener pour le savoir considéré comme masculin… »    

La journée du 8 mars est avant tout pour moi  une journée de lutte pour les droits des femmes avant d’être une célébration.  Les femmes constituent plus de la moitié de la population du monde.  Et malheureusement, la grande majorité d’entre elles est encore aujourd’hui discriminée.   C’est pourquoi, le 8 mars reste une journée de lutte pour les droits : droit à l’égalité homme-femme, droit à la vie, droit à ne pas subir les violences, etc.…

On ne peut ignorer combien les femmes sont encore à ce jour victimes de plusieurs violences  liées au genre.  Et donc la lutte à entreprendre est là quand on est femme dans une société où les hommes ont toujours le dernier mot,  où les armes continuent à être une forme d’expression et de recherche de pouvoir,  où on est en mal de liberté d’expression, en mal d’égalité de chance sociale, en mal de démocratie.

Il y a une lutte à mener pour le savoir  considéré souvent comme l’apanage des hommes et  réservé à ceux ou celles, qui par leur naissance, ont déjà conquis un place d’accès au savoir.  Nos pesanteurs culturelles ont fait croire à la société que le savoir, la science, la politique sont des affaires masculines.

La lutte doit être engagée, parce qu’i Il y a des femmes qui valent seulement comme « objet » et « objet » de jouissance.  Elles ont du  mal à s’affirmer comme autonomes, comme « sujets » qui peuvent orienter leur histoire.

La journée du 8 mars est donc une journée où nous sommes appelées à une prise de conscience de notre situation en tant que femme et des discriminations dont sommes victimes.  Et ensuite mener des réflexions et trouver des stratégies pour découvrir nos talents, nos compétences,  forger notre personnalité à la résistance contre des opinions souvent erronées de la société et toute forme d’exclusion.

En outre, le 8 mars, les femmes sont célébrées  parce qu’elles donnent la vie. Elles accompagnent la vie des êtres humains du berceau à la tombe. Observez dans le quotidien, ce sont les femmes qui souffrent de façon particulière quand il n’y a pas de quoi manger et boire pour les enfants et pour toute la famille.

Les Catholiques s’inspirent et prennent la Vierge Marie pour modèle. Marie est une femme par excellence qui représente cet ensemble d’énergies de la femme, et la capacité à renverser les choses. Par elle nous avons eu le salut et Dieu a collaboré avec une femme pour sauver l’humanité.

Mais une autre figure que j’aime bien c’est Déborah (juge 4,4).  Elle est prophétesse et femme mariée, épouse de Lappidoth.  Les juges ordinaires qui sont généralement les hommes faisaient défaut. Et elle, comme femme, elle fut juge et politique.  Elle gouvernait.  Et c’est le peuple qui l’avait établi juge.  Et donc elle en avait les compétences.

Sr Adèle Bieto : « La conception antique selon laquelle la femme était marginalisée a beaucoup évolué »

Pour moi, la journée du 8 mars dédiée à la femme veut seulement dire que la conception antique selon laquelle la femme était déconsidérée, marginalisée, comptée parmi l’héritage que pouvait avoir un homme a beaucoup évolué. Aujourd’hui, la femme est appelée à jouir des mêmes droits que l’homme dans la mesure où celle-ci fait preuve de compétence et se forme dans la discipline, bien entendu.

Dans la Bible, l’image qui me vient c’est celle d’Elisabeth, la femme de Zacharie. A cause de ses nombreuses vertus que je considère très importantes dans une société congolaise en crise des valeurs : Sa foi en Dieu, sa confiance en son mari, sa confiance aux autres ; sa persévérance et sa patience.

Je propose Elisabeth comme modèle aux Congolaises à cause de ses grandes vertus dans notre société en crise, une société en quête du confort matériel, de l’immédiateté et cela à n’importe quel prix.

Aujourd’hui, nous remarquons la superficialité dans les relations, la pauvreté spirituelle qui engendre la recherche d’une vie facile, sans effort… L’exemple d’Elisabeth peut nous aider à revenir sur l’essentiel de notre vie chrétienne.

Sr Liliane Leboje : « La journée du 8 mars ne doit pas se limiter seulement à la manifestation… »

Pour moi, c’est une journée de réflexion sur l’émancipation de la femme. Comment la femme doit se comporter dans la société pour bien assumer ses responsabilités. La célébrer ne doit pas se limiter seulement à la manifestation. Surtout, la femme doit chercher à comprendre  son rôle dans la société étant donné que c’est elle qui porte la vie.

A la femme congolaise, je propose la Vierge Marie comme modèle, non seulement parce qu’elle est la mère de Dieu, mais surtout par ses nombreuses vertus en tant que femme.

Sr Marie- Thérèse Kimbembi : « C’est une journée de remise en question du rôle de la femme »

La journée du 8 mars est une journée de remise en question du rôle que joue la femme au sein de la société congolaise.

Comme modèle aux Congolaises, je propose Marie car elle incarne plusieurs vertus.

 

 

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