Encore une marche réprimée : Deux morts et plusieurs blessés.
26 février 2018
CECOS - CENCO (102 articles)
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Encore une marche réprimée : Deux morts et plusieurs blessés.

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) dresse  un bilan provisoire de deux morts et plusieurs blessés lors de la marche pacifique des chrétiens réprimée par les forces de l’ordre le dimanche 25 février 2018 en RDC. Le Secrétaire général de la CENCO, l’Abbé Donatien Nshole, relève aussi qu’il y a eu plusieurs interpellations.

«Nous avons malheureusement encore enregistré des cas de décès. Un cas à Kinshasa. C’est un jeune de Saint Adrien qui a reçu une balle au niveau de la paroisse Saint Benoit, où il était allé rejoindre les chrétiens de Saint Benoit. Un autre cas a été recensé à Mbandaka, sur l’avenue de la Révolution en face de l’Eglise Bahaï», a précisé l’Abbé Nshole sur les antennes de Radio Okapi.

Il y a eu plusieurs blessés à Kinshasa, Mbandaka, Kisangani et Bukavu ainsi que des interpellations.  Le jeune homme abattu à kinshasa, du nom de Rossy Mukendi Tshimanga, a reçu une balle à la poitrine, tirée à bout portant dans l’enceinte de la paroisse Saint-Benoît.

De son côté, la Police Nationale Congolaise (PNC) dit n’avoir enregistré aucun mort. «Au titre de bilan provisoire, nous avons enregistré trois blessés dont un à Masina et deux à Lemba, aux environs de Saint Benoit. Dans l’Equateur à Mbandaka, les manifestants qui voulaient remonter en ville ont fait jonction au niveau des avenues Révolutions et Ipeco. Ils se sont attaqués à la police. 4 agents des forces de sécurité blessés et 4 manifestants», a déclaré le porte-parole de la PNC, le colonel Pierrot Mwanamputu, à la télévision nationale (RTNC).

La Police nationale congolaise a étouffé la marche pacifique dans plusieurs paroisses de Kinshasa notamment à Saint-François de Sales où des policiers cagoulés étaient postés dans la rue face à l’Église. Après la messe, des militaires ont fait usage de tirs de sommations pour disperser la foule. À la paroisse Notre Dame de Fatima dans la commune de Gombe, les manifestants ont été contraints par les policiers, après une brève bousculade, de rebrousser chemin. Ceux de Sainte Trinité dans la commune de Matete ont longuement marché dans les rues secondaires de leur juridiction avant de rencontrer  les forces de l’ordre sur l’avenue Lumière débouchant sur le boulevard Lumumba.  À la cathédrale Notre Dame du Congo à Lingwala, il y a eu du grabuge. Les manifestants ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène après plusieurs tentatives de négociations. Les défenseurs des droits de l’homme dénoncent la brutalité dont a fait montre la police pour disperser les pacifiques manifestants. Mais à en croire le commissaire de la police ville de Kinshasa, aucun dérapage n’a  été enregistré.

Les manifestants interpellés devant la paroisse Notre Dame du Congo ont été aussitôt libérés en présence des journalistes. Rappelons que la veille, plusieurs jeunes en bérets rouges et identifiés comme appartenant à la ligue des jeunes du parti au pouvoir en RDC avaient empêché l’organisation de la célébration eucharistique de samedi soir.

Accrochages à Mbandaka

Des échauffourées ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants à Mbandaka. Les policiers soutenus par des militaires avaient encerclé différentes paroisses catholiques. Cela n’a pas empêché les fidèles de se rendre à l’Eglise pour la messe.

Après la célébration eucharistique, les manifestants de l’aumônerie catholique et ceux de la paroisse Saint-Eugène se sont heurtés à la police qui a lancé des bombes lacrymogènes et a tiré à balles réelles pour les disperser, rapporte Radio Okapi. C’est précisément  à Mbandaka III que la marche des chrétiens catholiques a connu une importante affluence. Les fidèles de la paroisse Saint-Paul et ceux de la paroisse Martyrs de l’Ouganda se sont rencontrés au niveau de l’avenue Ipeko. Au moment où les forces de l’ordre tiraient à balles réelles pour les disperser, les manifestants ramassaient les douilles.

Au terme de la marche, un jeune homme qui rentrait chez lui a été tué par balle par un policier qui s’est volatilisé dans la nature. Pris de colère, les jeunes gens du quartier ont, en représailles, saccagé le centre de formation de la police de Mbandaka III et incendié la maison d’un major de la police ainsi que celle du policier meurtrier en cavale.

De façon générale, les messes se sont déroulées normalement. Un important dispositif policier était aussi déployé dans les villes de Beni et Butembo, tôt le dimanche matin, pour parer à toute éventualité. Même cas à Mbuji-Mayi où, les offices religieux se sont tenus sous une forte surveillance des forces de l’ordre.

Depuis le 31 décembre 2017, le Comité Laïc de Coordination, CLC, appelle à marcher pacifiquement dans le pays pour réclamer l’application intégrale, effective et de bonne de foi de l’Accord politique de la Saint-Sylvestre. Ce dimanche 25 février 2018, le CLC avait appelé à manifester pacifiquement pour dire non à la dictature.  En RDC, le président Joseph Kabila est arrivé à la fin de son dernier mandat constitutionnel depuis le 19 décembre 2016 et les élections ont été plusieurs fois repoussées. La présidentielle est prévue le 23 décembre 2018 suivant le calendrier de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI.

 

CECOS - CENCO

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