Homélie de S.E. Mgr Marcel Utembi à la messe  d’ouverture du Comité Permanent de la CENCO
19 février 2018
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Homélie de S.E. Mgr Marcel Utembi à la messe d’ouverture du Comité Permanent de la CENCO

Le président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), S.E Mgr Marcel Utembi, a présidé la messe d’ouverture de la session statutaire du Comité permanent, le  lundi 19 février 2018 dans la chapelle du Centre d’Accueil Caritas Congo, Asbl. Dans son homélie, il a mis l’accent sur le partage. « Partager avec un plus petit, dit-il, c’est partager avec le Christ lui-même ».

 Voici l’intégralité de son homélie.

Lv 19, 1-2. 11-18

Mt 25, 31-46

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

La liturgie de ce lundi de la première semaine de carême nous propose en méditation : un passage tiré du livre du Lévitique, et la partie finale de l’Evangile selon Saint Mathieu. Les deux lectures précisent, en des termes simples, la manière dont nous devons vivre en société.

A propos de la première lecture, il faut noter d’abord que Dieu ne s’adresse pas directement à son peuple, il passe par un intermédiaire, un homme qu’il a lui-même accrédité et à qui le peuple fait confiance : « Yahvé parla à Moise et dit : Parle à toute la communauté des israélites. Tu leur diras : ». Cet homme, Moise, est envoyé « à toute la communauté des israélites ». Personne n’est exclu; Moise devra s’adresser, au Nom de Dieu, au bien, aux bons qu’aux mauvais.

Cette parole dit la dimension particulière de notre mission évangélisatrice qui est de promouvoir les valeurs, de rechercher le bien-être, de dénoncer les antivaleurs, non seulement pour nos fidèles catholiques, mais pour tout le peuple congolais, constitué aussi bien des bons que des mauvais.

La mission confiée à Moise et qui est la nôtre aujourd’hui, c’est d’aller dire qu’il y a une relation entre Dieu et l’homme et qu’il y a des exigences de sainteté prescrites pour tout membre de la société : « Soyez Saints, car moi, Yahvé votre Dieu, Je suis saint » (Lv 19, 2). Ces exigences nous sont présentées dans la première lecture. Si le passage que nous venons d’entendre porte en grande partie des préceptes négatifs, il y a un commandement qui résume tout et qui ouvres des nouvelles exigences : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 18).

Ce précepte constitue, à proprement parler, la mesure de l’exigence de sainteté prescrite pour tout homme : « Soyez Saints, car moi Yahvé votre Dieu, je suis saint ». Dès lors, la voie royale qui conduit à la sainteté, à la ressemblance à Yahvé, c’est la pratique de la charité.

C’est le commandement d’amour que jésus reprendra pour en faire le principe d’interprétation de la Loi et de l’enseignement des prophètes, comme cela apparait dans le texte de l’évangile de Mathieu. Au Jugement dernier, nous ne serons pas jugés sur nos bonnes intentions, sur nos bons sentiments, mais sur ce que nous aurons fait concrètement pour nos frères les plus pauvres, ceux qui sont le plus dans le besoin.

Ce discours n’est pas pour nous faire peur, mais plutôt pour éveiller notre foi. Il vise à susciter en nous l’espérance de ressusciter avec Notre Seigneur Jésus-Christ et d’entrer dans sa gloire.

Observons bien le texte. Par rapport au présent de notre vie, Jésus met en scène un temps futur : « Quand le Fils de l’homme viendra » (25, 31). Il ne viendra n’importe quelle manière, mais « dans la gloire et « il prendra place sur son trône de gloire ». Nous sommes avertis : Celui en qui nous avons mis notre foi n’est pas n’importe qui, mais un Dieu de gloire. « Toutes les nations », sans distinction aucune, seront rassemblées devant Lui. Il s’adressera aux uns et aux autres. Le critère du jugement est clairement détaillé. Il est de six gestes : donner à manger, donner à boire, accueillir, vêtir, visiter et consoler. Six gestes simples et concrets qui se présentent comme des critères par lesquels nous serons comptés parmi les bons ou les mauvais disciples de Jésus-Roi et le Juge final. Ces six gestes à poser par les disciples ont pour destinataires principaux « les plus petits de nos frères », à savoir ceux qui vivent toute forme de détresse humaine.

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

Partager avec un plus petit, c’est partager avec le Christ lui-même.

Cela devrait nous interpeller. Car il suffit d’observer, dans l’évangile, la surprise manifestée par les uns et les autres avec même question : « Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir… ? ».

Cette surprise nous montre clairement que la vie quotidienne est le lieu par excellence où s’actualise notre relation avec le Christ Seigneur.

L’attention portée à la souffrance et au besoin du Peuple qui nous est confié exprime notre engagement envers Celui qui nous a appelés à répandre la lumière de sa grâce à toute créature et autour de nous.

Que le Seigneur nous donne la clairvoyance de ce que nous devons faire pour les plus petits de nos frères et surtout la force de l’accomplir.   AMEN !

+ Marcel UTEMBI TAPA

Archevêque de Kisangani

Président de la CENCO

 

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