La CENCO lance un appel à la responsabilité aux parties prenantes dans le processus électoral
24 mai 2018
CECOS - CENCO (80 articles)
0 comments
Share

La CENCO lance un appel à la responsabilité aux parties prenantes dans le processus électoral

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo, (CENCO), rappelle la nécessité de tenir des élections crédibles, transparentes et inclusives pour la stabilité du pays. C’est en ces termes que s’est exprimé, ce jeudi 24 mai 2018, le Secrétaire Général de la CENCO, l’Abbé Donatien Nshole lors d’une conférence de presse au Centre Interdiocésain à Kinshasa.

Les évêques membres de la CENCO lancent un appel à la responsabilité de tous les acteurs impliqués dans le processus électoral en cours en République Démocratique du Congo. Dans ce message, « la CENCO se réjouit du respect, jusque-là, des grandes étapes du calendrier électoral et des déclarations de la CENI ainsi que du Gouvernement rassurant la tenue des trois scrutins (présidentiel, législatifs national et provincial) le 23 décembre 2018. Par ailleurs, l’Abbé Nshole affirme que la CENCO est très préoccupés par « l’inertie dans la mise en œuvre de certaines dispositions de l’Accord du 31 décembre 2016 et par les déclarations de certains acteurs politiques qui nous éloignent davantage de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre, unique feuille de route pour sortir pacifiquement le pays de la crise. » Allusion faite aux déclarations de certains ténors de la Majorité présidentielle qui évoquent la possibilité d’un autre mandat pour l’actuel Président de la République, « au grand mépris de notre chère Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre qui est clair à ce sujet. », a-t-il souligné. A en croire l’épiscopat congolais, « ces propos, motivés par les intérêts de leurs auteurs et non du Chef de l’État qui ne gagnera pas à être responsable de l’embrasement du pays, doivent être déconseillés par ceux qui aiment le Congo car, ils peuvent facilement déboucher sur des situations de violence préjudiciables pour la paix et la stabilité de la RDC et de toute la sous-région. »

Dans la perspective d’élections « apaisées, crédibles et inclusives », souligne le porte-parole de la CENCO, la levée du décret interdisant les manifestations publiques est une nécessité majeure pour rassurer toutes les parties prenantes d’un climat favorable à la préparation des scrutins.

Concernant la liste des Partis et Regroupements politiques publiée dans le Journal Officiel le vendredi 11 mai 2018, la CENCO dénonce la violation de quelques dispositions de l’Accord de la Saint-Sylvestre, « notamment les points 4 et 9 du chapitre V où les parties prenantes interdisent au Ministre de l’Intérieur d’arbitrer les conflits internes des partis politiques qui relèvent des cours et tribunaux et demandent que les formations politiques qui font l’objet de dédoublement soient rétablies dans leur situation d’avant le dédoublement. » A ce sujet, « une correction de la liste s’impose pour apaiser les Partis et le Regroupements lésés », a martelé l’Abbé Donatien Nshole.

En outre, la CENCO regrette que la décision de désigner les nouveaux membres du CSAC dans le respect de l’inclusivité est restée lettre morte. Aussi demeure-t-elle préoccupée par le manque d’égalité d’accès aux médias publics par tous les courants politiques.

A propos de l’utilisation de la machine à voter, l’épiscopat congolais note que le désaccord de l’opinion ne rassure pas la tenue des scrutins dans les bonnes conditions. Les évêques souhaitent vivement « que les travaux de la certification de ces machines puissent être conclus avant la fin du mois de juillet, pour qu’en cas de renonciation éventuelle à cette machine, la CENI puisse être à mesure de s’employer pour l’impression des bulletins de vote tel que prévu dans le calendrier électoral ».

Par ailleurs, la CENCO demande à la CENI et à l’Assemblée Nationale d’assumer à temps leurs responsabilités respectives (techniques ou législatives) à propos de l’enrôlement des Congolais vivant à l’étranger afin d’éviter que cela devienne une raison pour justifier un énième report.

Sous le même chapitre, la CENCO déplore le fait que le plan de décaissement des fonds pour l’organisation des élections ne suit pas le rythme convenu entre la CENI et le Gouvernement. « Le Peuple Congolais a pris acte de la déclaration solennelle de ce dernier de disposer des moyens nécessaires pour financer seul les élections. Les raisons financières ne devraient donc pas être évoquées pour justifier un éventuel report des élections », indique-t-elle.

Sur le plan sécuritaire, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo fait un constat malheureux de l’accroissement des zones d’insécurité dans le pays. Pourtant, rappelle le Secrétaire Général, « l’Accord de la Saint Sylvestre recommande aux autorités de prendre des dispositions nécessaires pour sécuriser davantage le pays. Cette situation s’aggrave et interpelle au vu de la recrudescence du banditisme urbain. Il ne se passe pas un jour sans que l’on soit informé de scènes terrifiantes de tuerie, d’enlèvement ou de kidnapping en plusieurs territoires du pays». A ce propos, la CENCO invite les autorités à un sursaut de patriotisme pour protéger la population et ses biens et restaurer sa confiance vis-à-vis des forces de l’ordre.

Au cours de cette conférence de presse, le Secrétaire Général de la CENCO, l’Abbé Donatien Nshole était entouré du deuxième Secrétaire Général Adjoint de la CENCO, l’Abbé Georges Kalenga et du Secrétaire de la Commission Épiscopale des Communications Sociales, l’Abbé Jean-Marie Bomengola.

 

 

 

 

CECOS - CENCO

CECOS - CENCO

Comments

No Comments Yet! You can be first to comment this post!

Write comment

Your data will be safe! Your e-mail address will not be published. Also other data will not be shared with third person. Required fields marked as *