Le Cardinal Monsengwo invite les jeunes à s’engager pour sortir le Congo de la situation de misère.
26 mars 2018
CECOS - CENCO (111 articles)
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Le Cardinal Monsengwo invite les jeunes à s’engager pour sortir le Congo de la situation de misère.

La tradition a été respectée le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Jésus-Christ dans l’archidiocèse de Kinshasa.  Laurent cardinal Monsengwo a présidé le 25 mars 2018 une messe au Stade Tata Raphael à l’intention des jeunes de l’archidiocèse de Kinshasa.  Le prélat les a invités, tout en leur promettant l’accompagnement de l’Eglise, à prendre en main les destinées du pays et à assumer leurs responsabilités.

Dans son homélie, devant des milliers de jeunes venus de plusieurs paroisses de la capitale, l’archevêque métropolitain a relevé que « Dans le triomphe comme dans l’humiliation, Jésus-Christ se révèle Fils de Dieu. Car, si le dimanche des rameaux peuple crie Hosanna et le vendredi saint Crucifie-le,  sur le calvaire au moment où Jésus rend l’esprit, on découvre avec le centurion que cet homme était vraiment le Fils de Dieu, Marc 15, 39. Ainsi donc, le dimanche on confesse la foi au Christ, on acclame le Messie et le Roi, mais le vendredi saint on exige sa mort, on l’exclut de sa propre vie, de son horizon, de sa vision du monde. »  Sous ce rapport, le cardinal Monsengwo a déploré « le drame de la versatilité, de l’inconstance, de l’infidélité de l’humanité pécheresse. Même ici chez nous, le matin on va à la messe, le soir chez le féticheur et le marabout ; un jour chez les catholiques, le lendemain dans les sectes ; ou bien le matin on opte pour le Christ, le soir on fait place à satan, à ses œuvres, à ses tromperies, à sa nuisance. En même temps qu’on porte une médaille, un crucifix ou qu’on prie le chapelet, on cherche des gris-gris pour se protéger ; des talismans pour réussir aux examens, des pouvoirs spéciaux auprès des mouvements dits mystiques pour devenir riche, pour avoir un emploi, pour gagner le cœur d’une jeune fille ou d’un jeune homme, ainsi de suite. »

S’adressent directement aux jeunes de Kinshasa,  le cardinal Monsengwo leur a demandé : « Pour vous qui est Jésus-Christ ? L’acclamez-vous en disant en vérité Hosanna ? Hurlez-vous Crucifie-le ? Ou encore êtes-vous de ceux qui disent aussi bien Hosanna que Crucifie-le ?  Pour vous, qui est Jésus-Christ ? Un homme, un sage, un prophète, un fondateur de religion parmi d’autres? Avez-vous découvert que cet homme Jésus est vraiment le Fils de Dieu comme nous dit le centurion lorsqu’il l’a vu expirer?

Le pasteur de la capitale a souligné que « le dimanche des rameaux, Jésus nous trace le chemin de croix qui mène à la paix, à la réconciliation, à la résurrection et la victoire définitive. » Pour le cardinal, Jésus nous précède sur le chemin de la croix qui est sa glorification ainsi que celle de tout homme. « Le chemin de la croix, c’est partout où l’on souffre, l’on tue et assassine ; où l’on calomnie, où l’on persécute et maltraite ; où l’on fouette, où l’on tresse des couronnes d’épines pour certaines personnes, où l’on torture, où l’on se moque, où des innocents perdent qui, une jambe ou un bras, qui la vie en sautant sur une mine parce que d’autres se disputent le pouvoir… Le chemin du calvaire est la vocation du chrétien car telle fut la vocation du Christ », a-t-il martelé.

Mais, au début de sa passion, au jardin de Gethsémani, explique le prélat, Jésus pria ainsi « Père, si tu veux, écarte de moi cette coupe, c’est-à-dire la croix, précise le cardinal Monsengwo. Cependant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse.» (Luc 22, 42). Cette prière de Jésus, à en croire le cardinal, contient une grande leçon. En effet, poursuit-il, « elle montre Jésus décidé à affronter la croix. Il veut aller au-devant de cette mort dont il connait l’horreur et la cruauté au point de transpirer des gouttes de sang. Il y va comme vers la destinée de sa vie, vers son heure comme il dit ; il se charge de la croix parce qu’elle est l’instrument du salut de l’humanité. » Pour l’archevêque de Kinshasa, Jésus nous enseigne à être responsable, à prendre nos responsabilités devant l’histoire. « Jeunes de Kinshasa, l’avenir du pays est entre vos mains. Certes, l’avenir du pays vous appartient. Vous avez le droit de reprocher aux aînés et aux hommes politiques d’avoir sacrifié votre génération. Vous avez raison de reprocher aux politiciens et à la classe dirigeante de notre pays d’avoir échoué. », a déclaré le Cardinal Monsengwo. Mais, a-t-il poursuivi «  qu’entendez-vous  faire pour redresser la barre ? Le pays a besoin de vous dans les secteurs de la vie politique, économique, sociale, culturelle et religieuse. Êtes-vous prêts  prendre en mains les destinées de la nation et à assumer vos responsabilités ? »

Aussi le pasteur de Kinshasa a-t-il interpellé la jeunesse congolaise tant au pays qu’à l’étranger sur son comportement. « Qu’entendez-vous faire ? Que de jeunes cadres universitaires brillants et capables préfèrent rester en Europe ou en Amérique, pour y attendre que d’autres remettent le pays sur les rails afin qu’ils viennent ensuite cueillir les fruits des peines et des sacrifices, des risques et de la sueur des autres ? Dans un autre ordre d’idées, combien de jeunes font des enfants dont ils abandonnent la charge aux parents ? Que de jeunes, beaux et forts, restent à la maison, attendant qu’un autre leur trouve en emploi ».

Et Laurent cardinal Monsengwo de lancer : « Jeunes de Kinshasa, le présent et l’avenir du pays sont à vous  Ayez de fortes convictions personnelles. Ne soyez pas comme des moutons qui suivent bêtement les autres, par peur du qu’en dira-t-on. Mettez la main à la charrue et ne regardez pas en arrière nous dit Luc 9, 62. Mettez la main à la machette et à la houe. Que l’on voie le travail que vous faites pour que le Congo ne soit plus dans cette situation de misère. L’Eglise est prête à vous y aider et à vous y préparer, si vous êtes prêts à prendre en charge votre vie, la vie des autres et les destinées de la Nation », a rassuré le cardinal Monsengwo.

« Puisse le Seigneur par l’intercession de la Vierge Marie, Mère de Jésus et notre Mère, bénir  votre courage, votre engagement ! Qu’il accomplisse tous vos vœux comme dit le Psaume 20,6. Qu’il vous comble de joie et de paix ! », a conclu l’archevêque de Kinshasa.

Le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur précède dans l’Église catholique le dimanche de Pâques et qui marque l’entrée dans la semaine sainte. Il commémore deux événements : d’un côté, l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem acclamé par une foule agitant des palmes et déposant des manteaux sur son passage, et de l’autre, la passion du Christ et sa mort sur la croix pour le salut des hommes.

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