Mgr José Moko : « J’ai toujours pensé ma vie sacerdotale comme une capacité à faire du bien aux autres »
28 juin 2018
CECOS - CENCO (209 articles)
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Mgr José Moko : « J’ai toujours pensé ma vie sacerdotale comme une capacité à faire du bien aux autres »

L’évêque d’Idiofa et président de la Commission Épiscopale des Communications Sociales est à Kinshasa pour la 55ème Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Monseigneur José Moko a accordé une interview à l’équipe de presse de la CENCO. Il parle de la situation socio-pastorale au sein de son diocèse, de la prise en charge du clergé par les fidèles sans oublier la pastorale des jeunes, la promotion des initiatives communautaires paysannes ainsi que le récent symposium organisé par son diocèse.

Mgr José Moko, que peut-on retenir du diocèse d’Idiofa dont vous êtes le pasteur ?

Mgr J.M : Le diocèse d’Idiofa se trouve dans l’actuelle province du Kwilu, dans l’ancienne province de Bandundu en RDC. Il s’étend sur 60 000 Km2. Ce qui correspond à peu près à la superficie d’au moins deux fois la Belgique. Il s’étend sur 4 territoires, à savoir : le territoire de Bulungu avec une mission catholique, le territoire de Gungu avec 5 missions, tout le territoire d’Idiofa ainsi que celui d’Ilebo, hormis la cité d’Ilebo. C’est un grand diocèse du point de vue de sa superficie et de sa démographie.
Du reste, il sied de noter que le territoire d’Idiofa, à lui seul, regorge de 2 000 000 habitants, tandis que celui d’Ilebo compte près de 800 000 habitants. Si on prenait les quelques habitants des missions catholiques se trouvant sur les territoires de Bulungu et Gungu, on avoisinerait le 3 000 000 d’habitants. C’est pratiquement la population de certains pays.

Sur le plan socio-pastoral, comment s’effectue la prise en charge du clergé par les fidèles ?

Mgr J.M : Disons tout d’abord que les activités principales dans mon diocèse sont agro-pastorales. C’est donc un diocèse rural. Une grande particularité de celui-ci est sa capacité scolaire. On est impressionné, en traversant ce diocèse, de voir pratiquement qu’il y a une école primaire dans tous les villages. Et il n’y a pas que l’enseignement mais aussi des infrastructures sociales et de santé qui sont autour de 36.
Avec 194 prêtres séculiers, le diocèse est très missionnaire et ouvert. Mais quand on quantifie l’enveloppe qu’on devrait donner à ces prêtres qui ont fait de grandes études et ayant sacrifié leur vie pour évangéliser des gens, on est en deçà de ce qui devrait être réellement donné. Par ailleurs, je dois avouer que quand je suis en visite apostolique, je constate que les fidèles donnent beaucoup à leur évêque et je ne peux pas jeter les fleurs à tous les diocésains parce que c’est encore timide. Bien sûr qu’il y a une explication derrière tout cela, c’est une population qui est dans le désœuvrement mais qui, dans la mesure du possible, vient quand même en aide à ses prêtres.

Que faites-vous pour sortir la jeunesse de votre diocèse du désœuvrement ?

Mgr J.M : Le désœuvrement de la jeunesse d’Idiofa est presque total. A part l’enseignement et la santé ou encore les quelques bureaux d’Etat qui existent chez nous, vous ne trouverez pas de grandes entreprises qui puissent recruter cette jeunesse. Nous sommes en train de participer à cette entreprise de l’invention de l’avenir. Si vous arrivez à Idiofa aujourd’hui, vous trouverez beaucoup de réalisations en faveur de la jeunesse, notamment : la mise en place d’un atelier de formation en menuiserie, un espace culturel pour le divertissement de la jeunesse super équipé, dénommé « Espace Cana », et la construction des plusieurs écoles, cadre idéal de l’éducation et formation de notre jeunesse.
Cependant, comme père évêque, ma joie est de constater la montée des initiatives communautaires surtout dans le sud du diocèse. Lors de mon dernier passage à Kilembe, Mukedi et Nyamusenge, des villages du sud du diocèse, j’ai été fort marqué par l’existence de grands champs de manioc coupés par les mamans, pas uniquement catholiques. C’est vraiment une démarche communautaire que j’ai encouragée. J’ai même eu l’impression qu’on était déjà passé à la mécanisation agricole. Je pense que quand on est pauvre, on ne peut pas se payer le luxe de l’autarcie, c’est-à-dire, de vivre seul.

Vous avez organisez un symposium dans votre diocèse, de quoi a-t-il retourné?

Ce symposium était un moment de jeter un regard rétrospectif sur ce qu’a été le diocèse d’Idiofa dans le passé. Le diocèse d’Idiofa est grand et a connu 4 évêques, je suis donc le 5ème. Et ce diocèse avait donc besoin de revisiter un peu son parcours. Et comme j’aime bien le dire, « c’est à l’ancienne corde qu’on noue la nouvelle ». Nous avons revisité le passé, pour tirer des éléments qui nous permettent de vivre le présent avec passion afin d’aborder l’avenir du diocèse avec espérance.

Depuis votre nomination comme évêque d’Idiofa, quel bilan pouvez-vous faire de votre épiscopat ?

Mgr J.M : Ma joie est d’être utile pour les autres. J’ai toujours pensé ma vie sacerdotale comme une capacité à faire du bien aux autres.

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