Mgr Philibert Tembo aux missionnaires : « Imitez Jésus-Christ dans votre vie missionnaire»
10 septembre 2018
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Mgr Philibert Tembo aux missionnaires : « Imitez Jésus-Christ dans votre vie missionnaire»

Monseigneur Philibert Tembo a présidé le dimanche 9 septembre 2018 la messe d’accueil et d’envoi en mission d’une quarantaine de missionnaires à la paroisse Notre Dame de Fatima de Kinshasa. Dans son homélie, l’évêque du diocèse de Budjala et président de la Commission Épiscopale pour l’Evangélisation(CEE) a exhorté les missionnaires à aller et annoncer au monde les merveilles de Dieu, la Bonne Nouvelle de la victoire de l’Amour de Dieu sur le mal. « Imitez Jésus-Christ dans votre vie missionnaire. Soyez des facilitateurs de transformation de la personne humaine partout où vous serez. Le lieu où vous êtes ou vous serez est une terre sainte : Dieu vous y précède et Jésus est déjà là d’une certaine manière. Ôtez donc vos sandales ! », a renchéri le prélat dans le sermon dont nous vous proposons ci-dessous l’intégralité.

 

MESSE D’ACCUEIL ET D’ENVOI EN MISSION DE NOS MISSIONNAIRES

Isaïe 35, 4-7

Jacques  2, 1-5

Marc 7, 31-37

 

HOMÉLIE

Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule…

Chers Frères et Sœurs dans le Christ !

Chaque eucharistie est une invitation du Seigneur à nous mettre à l’écart avec lui en vue de nous ouvrir à sa mission. Et à cette occasion de l’accueil et de l’envoi en mission de nos missionnaires, je vous invite à une vibrante action à Dieu pour le don de tant de missionnaires qu’il a donnés à notre Eglise nationale et à l’Eglise universelle. C’est donc pour nous tous un privilège que d’être en ce moment dans cette belle Eglise de Notre Dame de Fatima pour accompagner nos missionnaires par notre affection et notre prière.

Le message qui émane de trois textes qui nous ont été proposés pour cette circonstance me parait assez clair. Tout comme Dieu avait mis son peuple à l’écart pour parler à son cœur (Osée 2, 16), Jésus prend le sourd-muet de l’Evangile à l’écart pour enfin l’ouvrir aux merveilles de Dieu. Ainsi, le Seigneur n’hésitera un seul instant de nous emmènera à l’écart et nous bousculer aujourd’hui. Bousculer notre conscience «  émoussée », bousculer notre égoïsme ; bousculer notre suffisance, bousculer notre peur, bousculer notre manque d’espérance et surtout nous ouvrir…

Les trois lectures de ce dimanche sont une bonne nouvelle pour nous. Elles nous parlent de la TRANSFORMATION.

Dans la première lecture, le Prophète Isaïe s’adresse à un peuple d’exilés qui est appelé à une nouvelle vie, appelé à revivre. Avec Dieu, dit le Prophète, le mal ne peut l’emporter : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu ; c’est la vengeance et la revanche de Dieu qui viennent ; il va vous sauver. » Attention ! Le Prophète ne parle de vengeance contre des personnes humaines mais contre le mal. Il annonce la bonne nouvelle de la victoire de l’Amour de Dieu sur le mal. C’est un encouragement pour tous ceux qui vivent dans la peur ; c’est aussi un appel à ne pas entrer dans l’escalade de la violence. La revanche de Dieu c’est supprimer le mal et la violence, c’st de faire en sorte que les aveugles voient et que les sourds entendent. Cette bonne nouvelle c’est finalement l’amour infini de Dieu pour tous les hommes. C’est à cette espérance que nous devons nous ouvrir, surtout quand tout va mal, comme dans notre pays aujourd’hui.

Dans la seconde lecture, Saint Jacques nous montre un chemin de conversion, donc de transformation. Il nous demande de mettre notre comportement en accord avec notre foi. Dieu aime tous les hommes et il veut le salut de tous : riches et pauvres. Si nous donnons la première place au riche et nous méprisons le pauvre, nous péchons contre Dieu ; nous rejetons son amour universel. La foi, c’est l’accueil de Dieu dans toute notre vie, c’est l’accueil de son amour privilégié pour les pauvres, les petits, les exclus les sans-voix et les laissés-pour-compte. Nous sommes invités à avoir le même regard que Dieu a sur tous ceux et celles qui nous entourent, un regard d’accueil, un regard d’amour, un regard de miséricorde qui va jusqu’au pardon.

Dans l’Evangile, nous trouvons Jésus en plein territoire païen. Il est « en sortie missionnaire ». Il n’hésite pas à sortir des frontières d’Israël. C’est pour nous dire que la Bonne Nouvelle n’est pas réservée à quelques-uns mais à tous absolument, au monde entier. La guérison du  sourd-muet nous montre que Jésus rétablit la communication entre Dieu et les hommes ; cet homme porté par Jésus devient le symbole du non-croyant qui effectue un chemin vers la foi. Sa surdité exprime l’incapacité d’écouter et de comprendre les paroles des hommes mais aussi de la Parole de Dieu.

Ensuite, viennent trois gestes hautement symboliques que Jésus fait. Il emmène cet homme loin de la foule, à l’écart. Il ne veut pas faire de la publicité autour de la transformation qu’il va opérer. Mais il ne veut pas non plus que sa Parole soit couverte par le brouhaha dissonant des environs. Oui ! La Parole que le Christ nous transmet a besoin de silence pour être écoutée. C’est une Parole qui purifie, qui réconcilie, qui rétablit la communication, qui guérit et qui transforme. Il touche les oreilles et il touche la langue du sourd-muet. Et puis, les yeux levés au ciel, il dit : » Effata ! », « Ouvre-toi ! ». Alors les oreilles du sourd s’ouvrent, le nœud de sa langue se délie et le muet se met à parler correctement. La leçon pour nous : Dieu n’est pas fermé sur lui-même, mais il s’ouvre, il se met en communication avec l’humanité. Pour réaliser cette communication, Dieu s’est fait homme et s’est rendu présent en la Personne de son Fils Jésus-Christ, qui est Celui qui donne Dieu à l’homme et l’homme à Dieu.

L’Évangile d’aujourd’hui nous interpelle. Bien souvent, nous sommes repliés et refermés sur nous-mêmes ; nous devenons incapables d’ouverture et de dialogue : couple fermé, famille fermée, communauté fermée, tribu fermée, parti politique fermé, paroisse fermée, etc. Mais Jésus veut nous rejoindre aujourd’hui comme autrefois et nous dit : « EFFATA ! » « Ouvre-toi ! » Ne reste pas recroquevillé sur toi-même, ne reste pas enfermé dans ta peur, dans tes soucis personnels, dans tes calculs égoïstes ni dans tes relations habituelles. Ouvre-toi à la Parole de Dieu ! Ouvre tes oreilles pour l’écouter ! Ouvre ta bouche, délie ta langue pour la communiquer !

Chers Frères et Sœurs Missionnaires « Ad Gentes »

Je n’ai plus rien d’autre à vous dire. Imitez Jésus-Christ dans votre vie missionnaire. Comme lui, soyez des agents ou plutôt des facilitateurs de transformation de la personne humaine partout où vous serez. Le où vous êtes ou vous serez est une terre sainte : Dieu vous y précède et Jésus est déjà là d’une certaine manière. Ôtez donc vos sandales !

 

  1. Répandez-y la Bonne Nouvelle c’est-à-dire l’amour universel de Dieu pour les hommes mais avec prédilection pour les plus pauvres.
  2. Allez et annoncez la Bonne Nouvelle de la victoire de l’Amour de Dieu sur le mal, l’injustice, la violence et la peur.
  3. Sachez emmener les autres à l’écart, toucher leurs oreilles et délier leurs langues pour les ouvrir aux merveilles de Dieu. Soyez les facilitateurs de transformation de l’Homme et de communication entre Dieu et les hommes, tout comme Jésus-Christ l’a été.

 

Chers Frères et Sœurs missionnaires !

 

  • L’itinéraire personnel du Missionnaire, à la fois humain et spirituel, est toujours un itinéraire jonché d’épreuves, d’ombres et parfois même de persécutions. Au cours de cet itinéraire, la pureté d’intention, la largeur d’esprit, la charité sincère, la parole vraie…, pour ne citer cela, seront « les armes offensives et défensives » du missionnaire.

 

  • Le missionnaire tout en se configurant à son Maître Jésus-Christ doit toujours être conscient qu’il marche sur les traces de ce Maître de la mission. Le missionnaire n’est rien d’autre qu’un intendant de la mission du Maître. Il reçoit un mandat missionnaire dont il doit transmettre le contenu au peuple de Dieu et, à la fin des fins, dont il doit rendre compte de la réception au Maître.

 

  • La mission, me semble-t-il, c’est Dieu qui survient, vient, et revient dans l’itinéraire du missionnaire, de la même façon qu’il surgit, vient et revient dans la vie de l’Eglise. Dans ce sens, le missionnaire est appelé à se « convertir » à Dieu, « de mille maniérés », (2 Cor 6, 4) pour utiliser l’expression paulinienne. La mission c’est imiter le mouvement constant de Dieu vers sa création. La mission c’est étendre le Règne de Dieu, l’Amour de Dieu aux dimensions du monde, aux dimensions de toute la créature.

 

Je n’ai plus à prolonger mon exhortation, mais je voudrais juste vous dire, pour terminer, qu’au nom de l’Eglise universelle et de l’Eglise du Congo, avec l’Assemblée des fidèles ici présente, nous vous remettrons sous peu la croix du Christ, symbole de notre salut et aussi le chapelet missionnaire, symbole de communion ecclésiale et d’union dans la prière des missionnaires « ad intra» et des missionnaires « ad extra ». Que ces symboles vous accompagnent dans votre itinéraire missionnaire !

Et que la très Sainte Vierge Marie, mère de notre Seigneur Jésus-Christ et mère de tout missionnaire, soit l’étoile qui éclaire votre itinéraire missionnaire.

AMEN !

Donnée en l’Eglise Notre Dame de Fatima, le 9/9/2018

             

            + Mgr Philibert TEMBO, cicm

                     Évêque de Budjala

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