Querida Amazonia (l’Amazonie bien-aimée) : Exhortation du pape François sur l’Amazonie
13 février 2020
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Querida Amazonia (l’Amazonie bien-aimée) : Exhortation du pape François sur l’Amazonie

Le pape François a publié le 12 février 2020, l’Exhortation apostolique post-synodale sur l’Amazonie où il présente les points essentiels de la conclusion du Synode qui s’est déroulé à Rome du 6 au 27 octobre 2019 et qui s’est achevé par un texte ayant pour titre : Amazonie : nouveaux chemins pour l’Eglise et pour une écologie intégrale.

L’Amazonie est riche en diversité. Elle comprend neuf pays parmi lesquels : le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Equateur, la Guyane, le Pérou, le Surinam, le Venezuela et la Guyane Française. Ce document défend l’Amazonie et ses habitants. Il ne se prononce pas sur le diaconat féminin ou sur l’ordination d’hommes mariés. Le pape François espère un nouvel élan missionnaire et encourage le rôle des laïcs dans les communautés ecclésiales.

Dans ce document, le pape exprime quatre grands rêves pour l’Amazonie : le rêve social, le rêve culturel, le rêve écologique et le rêve ecclésial.

« Tout ce que l’Église offre doit s’incarner de manière originale dans chaque lieu du monde, de sorte que l’Épouse du Christ acquière des visages multiformes qui manifestent mieux l’inépuisable richesse de la grâce. La prédication doit s’incarner, la spiritualité doit s’incarner, les structures de l’Église doivent s’incarner. Voilà pourquoi je me permets humblement, dans cette brève Exhortation, d’exprimer quatre grands rêves que l’Amazonie m’inspire.

Je rêve d’une Amazonie qui lutte pour les droits des plus pauvres, des peuples autochtones, des derniers, où leur voix soit écoutée et leur dignité soit promue.

Je rêve d’une Amazonie qui préserve cette richesse culturelle qui la distingue, où la beauté humaine brille de diverses manières.

Je rêve d’une Amazonie qui préserve jalousement l’irrésistible beauté naturelle qui la décore, la vie débordante qui remplit ses fleuves et ses forêts.

Je rêve de communautés chrétiennes capables de se donner et de s’incarner en Amazonie, au point de donner à l’Église de nouveaux visages aux traits amazoniens ».

Ce document comprend une introduction et une conclusion et aborde quatre parties.

Dans la première partie intitulée Le rêve sociale,  le pape François développe les points suivants : injustice et crime, s’indigner et demander pardon, sens communautaire, institutions dégradées et dialogue social.

Le pape François qualifie d’« injustice » et de « crime » l’action des « entreprises, nationales ou internationales qui détruisent l’Amazonie et ne respectent pas le droit des peuples autochtones au territoire avec ses frontières, à l’autodétermination et au consentement préalable ».

Face à une telle injustice, le Souverain pontife demande de «s’indigner et de demander pardon». Pour le pape, il faut des «réseaux de solidarité et de développement». Il appelle tout le monde, y compris les dirigeants politiques, à s’engager. Il rappelle que pour les peuples amazoniens, les relations humaines «sont imprégnées de la nature environnante». Le Pape dénonce le mal de la corruption qui empoisonne l’État et ses institutions. Il espère que l’Amazonie deviendra «un lieu de dialogue social» et que la voix des pauvres serait entendue.

Dans la deuxième partie qui a pour titre Le rêve culturel figure les points ci-après : le polyèdre amazonien, prendre soin des racines, rencontre interculturelle, cultures menacées, peuples à risque.

Le pape François précise dès le début que «promouvoir l’Amazonie» ne signifie pas «la coloniser culturellement». Il utilise ainsi une image qui lui est chère : «le polyèdre amazonien». Il est nécessaire de lutter contre la «colonisation post-moderne», et il est tout autant urgent de «prendre soin des racines». Citant Laudato Si’ et Christus Vivit, il souligne que la «vision consumériste de l’être humain» tend à «homogénéiser les cultures» et que cela impacte surtout les jeunes. C’est à eux qu’il demande de «prendre en charge les racines» et de «retrouver la mémoire perdue».

La troisième partie ayant pour titre Le rêve écologique aborde les sujets suivants : ce rêve fait d’eau, le cri de l’Amazonie, la prophétie de la contemplation, éducation et habitudes écologiques.

Prendre soin de nos frères comme le Seigneur prend soin de nous, écrit le pape François, «est la première écologie dont nous avons besoin». La protection de l’environnement et la prise en charge des pauvres sont «inséparables». Le pape François se penche sur le «rêve fait d’eau», citant Pablo Neruda et d’autres poètes locaux sur la force et la beauté du fleuve Amazone. Avec leurs poèmes, écrit-il, ils «nous aident à nous libérer du paradigme technocratique et consumériste qui détruit la nature».

Le pape François estime qu’il est urgent d’écouter «le cri de l’Amazonie», et rappelle que l’équilibre planétaire dépend de la santé de cette vaste région. Il y a, écrit-il, de puissants intérêts pas uniquement au niveau local, mais également internationaux. La solution n’est donc pas «l’internationalisation» de l’Amazonie, mais plutôt l’accroissement de «la responsabilité des gouvernements nationaux». Le développement durable, poursuit-il, exige que les habitants soient toujours informés des projets qui les concernent et souhaite la création d’un «système normatif» avec des «limites infranchissables». Il appelle en conséquence à la «prophétie de la contemplation». En écoutant les peuples originels, souligne-t-il, on peut aimer l’Amazonie «et pas seulement l’utiliser» ; on peut y trouver «un lieu théologique, un espace où Dieu lui-même se montre et appelle ses enfants». Le Pape souligne que l’écologie n’est pas une question technique, mais qu’elle comporte toujours «un aspect éducatif».

La dernière partie de ce document qui a pour titre Le rêve ecclésial parle de : l’annonce indispensable en Amazonie, inculturation, chemins d’inculturation en Amazonie, inculturation sociale et spirituelle, points de départ pour une sainteté amazonienne, l’inculturation de la liturgie, L’inculturation de la ministérialité, communautés pleines de vie, la force et le don des femmes, élargir des horizons au-delà des conflits, la cohabitation œcuménique et interreligieuse.

Le Pape invite à «développer une Église au visage amazonien» à travers une «grande annonce missionnaire», une «annonce indispensable en Amazonie».

Le pape François appelle à une nouvelle inculturation de l’Évangile en Amazonie.

Il exhorte tous les évêques, en particulier ceux d’Amérique latine, «à être plus généreux», en orientant ceux qui «montrent une vocation missionnaire» à choisir l’Amazonie et les invite à revoir la formation des prêtres.

De nouveaux «services laïcs» sont donc nécessaires. Ce n’est qu’à travers «un rôle important des laïcs», rappelle-t-il, que l’Église pourra répondre aux «défis de l’Amazonie». Pour le Souverain pontife, les personnes consacrées occupent également une place spécifique, tandis qu’il rappelle le rôle des communautés de base qui ont défendu les droits sociaux et encourage en particulier l’activité du REPAM et des «équipes missionnaires itinérantes».

Le Pape reconnaît qu’en Amazonie, certaines communautés ne se sont maintenues que «grâce à la présence de femmes fortes et généreuses». Il avertit cependant qu’il ne faut pas réduire «l’Église à des structures fonctionnelles». Pour le Pape, la cléricalisation des femmes doit être rejetée, en accueillant plutôt une modalité de contribution féminine qui prolonge «la force et la tendresse de Marie». Il encourage l’émergence de nouveaux services pour les femmes, qui – avec la reconnaissance publique des évêques – influencent les décisions pour les communautés.

Le pape François conclut Querida Amazonia par une prière à la Mère de l’Amazonie. «Mère, regarde les pauvres de l’Amazonie, (…) parce que leur maison est en cours de destruction pour des intérêts mesquins. (…) Touche la sensibilité des puissants parce que même si nous sentons qu’il est tard tu nous appelles à sauver ce qui vit encore».

 

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